mars 24 2026 | Face à la hausse des prix du carburant, le Gouvernement se mobilise pour la filière de la pêche française
La situation au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, provoquent depuis le 28 février une hausse significative des prix du carburant. La filière de la pêche, très dépendante des carburants fossiles, est particulièrement exposée. Face à cette situation, le Gouvernement met en place plusieurs mesures pour accompagner nos pêcheurs et préserver l'avenir de la pêche française.
Une filière sous forte pression
La crise au Moyen-Orient a conduit à des augmentations très significatives et rapides des cours mondiaux du pétrole et de ses dérivés. Les cours sont depuis trois semaines très volatils et la durée de la crise reste incertaine.
Le prix du carburant représente une part importante des charges d’un navire de pêche. La hausse actuelle du prix du gasoil impacte directement la rentabilité des navires, mais aussi l'ensemble de l'aval de la filière : criées, mareyeurs, distributeurs.
La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a rencontré à plusieurs reprises les représentants de la filière ces dernières semaines et a organisé, le 13 mars, avec Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Energie, une réunion interministérielle rassemblant les représentants de la filière de la pêche, des établissements bancaires et des énergéticiens.
Des mesures immédiates pour soulager la trésorerie des entreprises
Dès le début de la crise, le Gouvernement a mis en place un suivi quotidien des prix du gazole. Le Gouvernement annonce également la mise en place de plusieurs dispositifs de soutien à la trésorerie :
- Echelonnement des cotisations sociales : un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux entreprises de pêche qui en feront la demande à leur URSSAF ;
- Étalement des échéances fiscales : les entreprises de pêche peuvent demander un étalement de leurs échéances fiscales auprès de leur direction départementale des finances publiques ;
- Prêts de trésorerie garantis par Bpifrance : un soutien immédiat à la trésorerie des entreprises, via des prêts attractifs garantis par Bpifrance, sera accordé aux professionnels qui en ont besoin.
Une mobilisation de tous les acteurs
Afin de se préparer à une crise qui dure, la ministre a mobilisé l'ensemble de la chaîne autour de plusieurs mesures de soutien à la filière de la pêche française :
- Réduction à la pompe : des discussions sont en cours avec les metteurs en marché pour activer les incitations fiscales mobilisées en 2024 permettant une remise à la pompe ;
- Secteur bancaire : un dialogue avec les banques est engagé par le Gouvernement pour appeler à la souplesse et à la flexibilité dans le traitement des dossiers individuels d’entreprises faisant face à des difficultés de trésorerie du fait de la crise en cours ;
- Consommation de produits de la mer français : la ministre appelle les Français et les acteurs de la grande distribution à soutenir la pêche française, garante d'une production responsable et de qualité. Des discussions sont engagées en ce sens avec la distribution.
À moyen et long terme, le Gouvernement entend tirer les conséquences structurelles de cette crise, afin de diminuer la dépendance aux énergies fossiles importées :
- Certificats d’économie d’énergie : un travail d’actualisation des dispositifs existants en faveur de la pêche sera mené afin d’accompagner financièrement les navires dans leur recherche d’efficacité énergétique ;
- Mécanisme assurantiel : les services de l’Etat accompagnent la filière pour assurer sa mise en place au plus vite, conformément aux engagements du contrat stratégique de filière signé en 2025, et se prémunir ainsi contre de futures crises, notamment énergétiques ;
- Transition énergétique de la flotte : les travaux seront poursuivis, au niveau national et européen, pour accélérer la décarbonation de la flotte de pêche française, en particulier avec la Commission européenne pour lever les verrous règlementaires au renouvellement des flottes.
"Nos pêcheurs font face à une situation exceptionnelle, qui s’ajoute à de nombreuses autres difficultés. Tout le Gouvernement est mobilisé pour leur apporter des réponses immédiates, mais aussi pour bâtir une filière plus résiliente, moins dépendante des énergies fossiles. C'est l'affaire de tous : des professionnels de la pêche bien sûr, mais aussi des banques, des énergéticiens et des consommateurs." a déclaré Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche.
Source : Communiqué Gouvernement
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