janv. 13 2026 | Territoire d’industrie Manche et Nord Cotentin : avec la création de 6 000 emplois d’ici 2034, une dynamique industrielle exceptionnelle à accompagner
Ce 12 janvier 2026 à Saint-Lô, le Comité stratégique (COSTRAT) du projet « Aval du Futur », s’est tenu en présence de Sébastien Martin, Ministre délégué chargé de l’industrie, chargé de représenter Roland Lescure, Hervé Morin, Président de la Région Normandie, Jean Morin, Président du Département de la Manche et Christèle Castelein, Présidente de la Communauté d’agglomération du Cotentin. A cette occasion, les perspectives de créations d’emplois industriels liées aux projets à venir dans la Manche ont notamment été présentées.
Dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone et face aux enjeux climatiques, énergétiques et de souveraineté, la France a pris des engagements forts pour la filière nucléaire. La politique nationale de relance du nucléaire implique notamment de renouveler les infrastructures industrielles sur l’ensemble du cycle du combustible, de sa fabrication à son recyclage. C’est dans ce cadre que des études ont été lancées pour de nouvelles installations de traitement-recyclage et de fabrication de combustible MOX sur le site Orano la Hague, qui remplaceront à terme les installations existantes.
6 000 créations d’emplois industriels supplémentaires dans les 10 prochaines années dans la Manche.
Lors du Comité stratégique, l’étude commandée par la Région Normandie, la communauté d’agglomération du Cotentin, et les industriels Orano, EDF et Naval Group, confiée au cabinet HELEVATO et la CCI Ouest Normandie, a été présentée. Elle détaille les perspectives de création d’emplois induites par les projets d’investissement d’Orano dans la Manche (programmes « Pérennité/résilience » de 2025 à 2035, puis « Aval du futur » de 2035 à 2055), ainsi que ceux d’EDF et de Naval Group, groupes d’industriels présents dans le bassin d’emploi et qui mobilisent aussi des compétences dans les métiers de la métallurgie, de l'énergie et du nucléaire.
Entre 2025 et 2034, 6 000 emplois industriels supplémentaires seront créés à l’échelle du département de la Manche, passant de 16 000 à 22 000 emplois liés aux projets d'Orano, d’EDF et de Naval Group. 50 % de ces nouveaux emplois seront basés sur les trois sites industriels d’Orano la Hague, EDF Flamanville et Naval Group à Cherbourg.
Sur les 6 000* nouveaux emplois créés de 2025 à 2034, 25% correspondent à des postes d’ingénieurs et de cadres, 35% à des techniciens et spécialistes, et 40% à des ouvriers et opérateurs.
Onze typologies de métiers liés à l’industrie sont concernées, dont la métallurgie, l’ingénierie, le génie civil, l’expertise nucléaire ou navale. En déclinaison de ces typologies, 150 métiers ont été identifiés, dont les métiers de soudeurs, électriciens, conducteurs d’engins, ingénieurs, techniciens de maintenance, etc.
L’État et les collectivités territoriales pleinement mobilisés au côté des industriels, pour répondre à ce choc de croissance attendu
Dans un contexte de quasi plein-emploi que connaît la Manche (taux de chômage de 5,3%), les besoins en main-d’œuvre annoncés par les industriels nécessitent d’adapter le dispositif de formation et de recrutement, en élargissant les recherches au-delà des bassins d’emploi locaux, pour inciter de nouveaux salariés à s’installer dans la Manche dans les années qui viennent.
Le Comité stratégique « Aval du futur » a arrêté plusieurs orientations stratégiques pour l’année 2026 :
1- La nomination prochaine, par l’État, d’un coordonnateur grand projet auprès du préfet de la Manche, dédié au pilotage du projet Aval du Futur. Cet expert de haut niveau sera chargé de coordonner, avec les collectivités, les services de l’Etat et les industriels, la mise en œuvre territoriale des programmes industriels et de l’accompagnement du chantier Aval du futur.
2- L’élaboration d’un projet stratégique de territoire par les collectivités qui souhaitent s’engager dans le programme Aval du futur, avec l’État et les industriels. Il précisera les conditions dans lesquelles ce programme pourra se déployer dans l’ensemble du département jusqu’en 2055.
3- La création d’un observatoire de l’emploi pour suivre de manière dynamique les besoins en main d’œuvre.
Dans le prolongement de l’étude HELEVATO sur l’impact en termes de créations d’emploi d’ici 2034, la mise en place d’une Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences (GPEC) territoriale permettra de préciser les besoins en emplois et en compétences nécessaires à la réalisation de ces grands projets, pour dimensionner les actions à anticiper dans tous les domaines.
L’analyse actuelle, qui porte sur la période 2025-2034, sera révisée annuellement en s’appuyant sur les données actualisées des projets des industriels. Une dynamique de création d’emplois plus importante encore est attendue les années suivantes, du fait de la montée en puissance du programme Aval du futur.
Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique :
« Le nucléaire raconte une histoire, celle de visionnaires qui ont bâti une expertise, d’un collectif qui œuvre pour assurer notre indépendance énergétique. Avec ce projet Orano, EDF et Naval Group écrivent le prochain chapitre et inscrivent durablement leur empreinte industrielle au sein d’un territoire. Ici l’excellence relie les générations en capitalisant sur un savoir-faire d’un demi-siècle et en investissant sur la formation aux métiers de demain. Je me réjouis de ces perspectives qui confirment notre orientation politique forte en faveur de la maîtrise de l’ensemble du cycle nucléaire et le développement d’une technologie de pointe. »
Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie :
« Aval du futur est l’un des plus grands projets industriels nationaux. Il renforce notre souveraineté énergétique et confirme le leadership nucléaire de la France. Avec le ministre Roland Lescure, nous le disons clairement : l’État sera pleinement engagé, dans la durée et dans sa réalisation concrète sur le territoire national. Ce projet, c’est d’ores et déjà la création de 6 000 emplois d’ici dix ans, le développement de compétences d’excellence et une attractivité économique et industrielle renforcée. Cela suppose la mobilisation de toutes les forces vives du département — élus, entreprises, acteurs de la formation et services publics — car le succès d’Aval du futur sera celui du Cotentin, de la Manche, de la Normandie et de la France. »
Hervé Morin, président de la Région Normandie :
« Il y a un défi gigantesque en terme d'organisation. Mais nous avons la chance d'avoir l'expérience de Penly où nous avons créé une vision, dans laquelle sont entrés l'ensemble des élus avec la région, le département, les intercommunalités, plus les services de l'État et EDF.
Il faut donc que nous nous inspirions d'un modèle qui fonctionne et pouvant atteindre des objectifs très élevés : des milliers de personnes à former et à recruter dont 2000 ingénieurs. On peut y arriver, mais il faut pour cela une mobilisation complète.
Ce que je souhaite, c'est que nous puissions bâtir ici le même collectif, et qu'on y associe très vite les acteurs économiques. »
Jean Morin, président du conseil départemental de la Manche :
« Le projet Aval du futur constitue une opportunité industrielle majeure pour la Manche et pour son développement. Pour qu’elle produise pleinement ses effets, cette dynamique doit s’inscrire dans une approche territoriale équilibrée et cohérente.
Plus que jamais, l’attractivité de la Manche repose sur notre capacité collective à organiser l’accueil des activités, des salariés, comme des non salariés, et de leurs familles, dans une logique de complémentarité entre les territoires et de cohérence d’aménagement à l’échelle départementale.
Le Département est pleinement engagé aux côtés des intercommunalités, de l’État, des industriels et de l’ensemble des acteurs concernés pour accompagner cette démarche, dans un esprit de coopération et de responsabilité partagée.
L’enjeu est bien un développement durable des territoires qui doit bénéficier à l’ensemble de la Manche et de ses habitants. »
Christèle Castelein, présidente de la communauté d’agglomération du Cotentin :
« La dynamique industrielle exceptionnelle du Cotentin et son accélération constituent une chance majeure pour inverser la trajectoire démographique du territoire et une reconnaissance de l’excellence de son savoir-faire industriel. Benoit Arrivé, Manuela Mahier et moi avons souhaité que la Communauté d’agglomération, en lien avec les communes, se mobilise dès à présent pour garantir la réussite de ces projets, notamment en renforçant l’attractivité nécessaire pour attirer et fidéliser les actifs. Être au rendez-vous implique notamment d’agir collectivement sur des leviers clés tels que la formation, l’enseignement supérieur, le logement, la santé et la mobilité. Réussir, c’est aussi veiller à ce que ce développement puissant s’opère dans le respect de l’identité du Cotentin et de la qualité de vie de ses habitants. Une attention particulière doit ainsi être portée à l’équilibre territorial, à l’adaptation des services publics, à la préservation des ressources et à la maîtrise du foncier »
*Le chiffre de 6000 emplois agrège les emplois au sein des groupes Orano, EDF, Naval Group ainsi que ceux des entreprises sous-traitantes. Ils s’entendent en équivalent temps plein. Ce chiffre ne prend pas en compte les travailleurs en grand déplacement, qui viennent sur les sites industriels pour de courtes durées (de 2 à 6 mois) et qui représenteront de l’ordre de 3 000 personnes supplémentaires, par an, entre 2026 et 2029. Les emplois indirects induits par ces projets ne sont pas non plus comptabilisés dans le cadre de cette étude.
Source : Communiqué Gouvernement
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